Le triple A sous César et Auguste

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La monnaie de l’empire romain avait un rôle bien plus large que l’ €uro d’aujourd’hui puisqu’elle était utilisée des Cornouailles anglaises jusqu’à la mer caspienne et de Madrid à Jérusalem en passant par l’ancêtre de Berlin et aussi ce qui est aujourd’hui le Maghreb . La monnaie romaine eut d’ailleurs une histoire aussi mouvementée que celle de notre euro actuel. On dénombre ainsi près de 45 crises monétaires en 450 ans. Une crise tous les dix ans ? L’euro est donc dans la norme. Mais revenons à l’histoire : les spoliations sur le sesterce, le denarius ou la drachme romaine ressemblent à l’actualité.

Les mécanismes de défiance monétaire pour les citoyens Romains étaient comparables à ce que l’on sait à présent : ils se trouvaient en présence de gouvernements qui se ruinaient en prétendant mener des campagnes d’expansion ou d’ « évolution » de leurs peuples, justifiant ainsi qu’ils « devaient » entretenir leur propre cour de fonctionnaires dévoués. L’empereur (héritier ou accédant) voulait marquer son règne : construire des monuments à sa gloire, transformer la société, inscrire son nom dans l’histoire. Nos contemporains Pompidou comme Mitterrand l’on fait ainsi, à crédit. Ils contraignaient par un surcroit d’impôts de plus en plus étouffants un peuple qui au fil du temps n’hésitera plus à montrer son mécontentement.

Restait cependant à l’imperator la possibilité de se procurer les liquidités nécessaires à ses ambitions sans lever d’impôts : le crédit. Face à la défiance d’incertains prêteurs lointains, un moyen simple était d’abuser de la monnaie en fondant des métaux à faible valeur ( fer grec, argent espagnol, alliages italiens) aux pièces d’or ou d’ argent pour créer plus d’espèces en circulation et en cas de doute, racheter à moindre prix sa propre dette avant d’en émettre une nouvelle. Une trouvaille que les changeurs comprirent rapidement, devenant alors défiants de la monnaie publique. Or en matière de monnaie, tout repose sur la confiance, sauf à en revenir au troc. Rien n’a changé car tel est le dilemme classique : anticiper sur les rentrées incertaines à venir (la monnaie vaudra-t elle la valeur de rendement des investissements) ou faut il ne dépenser que le produit des acquits ? Car tous les investissements ne réussissent pas. Mais pour un pays, l’échec dévalorise sa monnaie (fut-elle partagée), mettant en cause sa capacité d’endettement futur, sa notation donc.

Comme les prix des marchandises courantes montaient en réaction des échecs, les empereurs romains (qui n’étaient pourtant pas plus bêtes que nos gouvernants européens actuels mais qui avaient l’excuse de n’avoir pas notre recul historique) décidèrent d’interdire toute forme de hausse de prix, à peine de mort sous le règne de Dioclétien.

Quand on vit les marchands déserter Rome comme les autres citées impériales les uns après les autres, une nouvelle loi vint menacer de pendaison quiconque abandonnerait son métier, puis menacer de prison les clients qui changeraient de marchands !

Les libertés se perdaient, la dévaluation monétaire faisait des ravages … Cela provoqua la fin prématurée de quelques empereurs romains pour leurs excès liberticides ayant contraint la valeur monétaire au-delà du raisonnable. Nous n’en sommes plus là, bien sûr.
C’est Constantin, l’un des derniers empereurs romains, qui apporta une stabilité monétaire et économique avec l’émission du solidus et de ses dérivés (demi solidus, tiers de solidus, etc.). Cette nouvelle monnaie se distinguera par sa longévité, puisqu’elle servira de base monétaire au monde byzantin jusqu’au XI e siècle, soit près de 7 siècles d’existence. Souhaitons à l’ €uro une telle perspective !

Quel était donc le secret du solidus, la monnaie la plus longue de l’Histoire? Ce fut sa valeur d’échange stable, celle qui connut le moins d’intervention publique sur son poids, son cours ou sa quantité d’équivalent en or ou argent, on dirait maintenant sa contrepartie. Un secret incroyablement simple et pourtant si efficace …

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