La recapitalisation des banques est elle un faux problème ?

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Les institutions internationales s’interrogent sur le faible capital de nombreuses banques, qui serait menacé par la dégradation de leurs actifs réputés les plus sûrs selon Bâle II : les titres d’Etats.

Super-Sarko et Wonder-Merkel passent ensemble des semaines flamboyantes à s’interroger sur la « goodvalue » de leurs signatures, espionnés en permanence par des notateurs menaçants. Mais l’influence des opinions éparses en Europe permet-elle un consensus ? Oui un seul: recapitaliser les banques, puisqu’elles sont l’intermédiaire naturel entre les marchés et les états. C’est pourtant une fausse solution, ce qui prouve en passant que le plus petit commun dénominateur est parfois le moins pertinent des modes résolutoires.

Walter Bagehot , dans Lombard Street, publié en 1873, a été le premier à révéler qu’ « une banque bien gérée n’a pas besoin de capital. D’ailleurs aucune quantité de capital ne peut sauver une banque mal gérée » disait –il en substance avec raison.

Encore faut-il que les banques bien gérées disposent du droit de choisir à qui elles décident de prêter. Et la grande défiance des états quant à cet épicier du crédit qu’est un banquier à conduit au cumul d’invraisemblables contrôles qui font qu’il y a environ trois contrôleurs par vendeur dans l’épicerie. Au point que ce vendeur ne peut proposer que des produits standardisés, calibrés, vérifiés et que son patron ne peut placer sa trésorerie que dans la banque centrale indiquée par les dits contrôleurs, suspicieux au point que l’épouse de l’épicier, ses parents comme ses enfants sont soupçonnés de détournement s’ils viennent à acheter, comme d’autres clients, quelques pommes dans l’épicerie familiale ( L 511.13 et L.532. 2 du code monétaire et financier). Inutile de dire que ce flicage augmente le prix des pommes, de telle sorte que seuls les épiciers chinois de la finance ont l’espoir durable de pouvoir en manger, puisqu’à Hong Kong et Singapour, les notions de contrôle se nuancent en diverses traductions interprétables. D’ailleurs HSBC, grande banque internationale, y a rétabli cette année son siège opérationnel.

Bien entendu, les organismes de réglementation ne peuvent parvenir à ce que toutes les banques soient « bien gérées » au sens où Bagehot l’entendait. Le capital ne remplace pas la prudence d’un bon jugement mais il a l’avantage d’être définissable et mesurable. Mais à combien faut il fixer ce capital ?

Bâle 3, la prochaine norme réglementaire mondiale sur l’adéquation du capital des banques et des liquidités, qui devrait commencer à s’appliquer en 2013, va augmenter les prescriptions relatives aux capitaux propres ( fin du Tier 3) et imposer des frais supplémentaires aux banques jugées « trop importantes pour faillir ».

Autrefois une banque disposant de 2% de capital sur le total de son bilan s’en sortait bien car en empruntant à 3% et en vendant ses crédits à 5%, les 2% de différence lui offraient un retour potentiel de 100 % brut/ an dans l’hypothèse -forcément fausse- ou il n’y aurait aucun impayé et que la marge ainsi dégagée ne soit pas trop amputée de « frais de gestion » (Personnel, Provisions, Impôts). En amenant progressivement ce capital autour de 10 % alors que la « marge » (le Produit Net Bancaire) reste constante, tandis que s’accroissent les frais de gestion, la rentabilité future des banques deviendra bientôt, mécaniquement, quasi-nulle.

Oublions donc les intérêts privés, regardons l’utilité publique des banques. Suffirait-il donc d’augmenter les capitaux propres bancaires pour éviter une crise systémique ? Ce serait ignorer que l’Exposition Au Défaut (EAD) ne résulte ni du montant du capital ni des conditions de tarifications, mais plus simplement de la probabilité et de l’impact du défaut. Or si la probabilité de dégradation des notes souveraines se confirmait, ce n’est plus une recapitalisation des établissements financiers qui serait nécessaire mais d’une baguette magique !

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