Faut il choisir l’Or ou l’ Argent ?

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L’or ou l’argent ?

La complexité des relations or / argent en tant que métaux précieux précède même l’origine des monnaies.

Il est traditionnellement supposé qu’il y a un rapport de 1 à 10 entre les quantités disponibles d’or et d’argent sur notre planète. Lors des 30 dernières années, on à extrait à peu près de 6 à 9 fois plus d’argent métal dans la nature que d’or mais sur des siècles ce n’est peut être pas représentatif ; cependant l’argent métal se consomme désormais (nanotechnologies, bactéricide naturel, semi-conducteurs, etc…) alors que l’or continue de se thésauriser et n’a que peu d’usages industriels.

De plus il est difficile d’établir des statistiques fiables quant à ces sujets lorsque le recyclage, l’orpaillage illégal et les réserves d’état sont l’objet de dissimulations d’envergure. Ces deux métaux rares connaissent donc depuis quelques années une forte volatilité de la demande liée surtout aux inquiétudes monétaires pour ce qui concerne les pays développés et à un attachement atavique quant à ces symboles de richesse depuis que la femme est femme.

Il en résulte des anomalies de marché qui se poursuivront quelle que soit la conjoncture tant qu’une certaine visibilité économique n’aura été rétablie et qu’une culture de l’épargne productive ne sera globalement revalidée par les populations concernées.

Dès lors, quelles pourraient être les évolutions à venir de ces métaux rares ?

D’abord étudions la relation entre ces 2 métaux, puis leur marché respectif.


- le rapport entre les cours était de 42,5 pour 1 en début juin 2011… Ce qui signifie que pour approximativement un cours de l’or de 50.000 $ le kg (34.000 €), un lingot d’argent d’1kg cotait environ 1160 $ (800 €). Cet écart a baissé en 5 ans, il était alors de 51/1. Ce même ratio or /argent était de 17 pour 1 en 1980 ( 800 $ l’once d’or pour 48 $ l’once d’argent ) ; la question se pose donc de savoir si il y un écart légitime ou illégitime, puisque la production de l’argent n’est actuellement que 8 fois supérieure à celle de l’or, et a quoi conduit cet écart.

L’Or: actuellement la production mondiale serait de 2400 T /an soit 2% de découvertes chaque année de tout l’or connu dans le monde depuis toujours (120.000 tonnes supposées, peut être 150.000), grâce au progrès des techniques de production. La demande d’or pour 2010 était estimée à 3.000 tonnes /an, le déficit offre/demande voisinant donc les 20 %. Vu la crise cette demande s’accroit continuellement. Notez qu’on sait désormais le fabriquer de façon synthétique.


Argent métal : 20.000 T / an environ, pour une demande d’environ 26.000 T/an donc un déficit supérieur à celui de l’or ( 23%) .Mais il faut considérer que cette  production  de 20.000 T se complète d’environ 6000 Tonnes d’agent pur issues du recyclage alors que ce marché secondaire est assez mal connu, ceci favorisant la spéculation. A vrai dire, le phénomène recyclage existe aussi pour l’or mais il y semble encore moins identifiable .

-Les marchés: C’est donc d’abord sur le critère de la consommation du métal argent ( = destruction de valeur) que peut légitimement se fonder une appréciation différenciée, puis ensuite par une estimation des demandes selon les grandes masses macro-économiques de notre planète, tenter d’envisager une tendance objective sur le métal physique. Petit survol  :


- La grande multiplication en cours des champs d’extraction favorise bien sûr les découvertes pour les 2 métaux, d’autant que pour l’argent on le trouve parfois en cherchant autre chose : plomb, zinc, cuivre…mais la consommation n’est pas linéaire. Ainsi l’un des plus gros consommateurs industriel du métal argent était le secteur photographique (5600 Tonnes/an) qui à pratiquement disparu en 10 ans suite aux évolutions de l’électronique. Mais il se trouve remplacé par la bijouterie (qui passe de 6000 à 10.000 tonnes en 5 ans) à destination principale de l’orient, moyen ou extrême.

Toutefois, les besoins de l’industrie électronique et aussi les nouvelles utilisations biomédicales, les piles à combustibles et autres éléments des moteurs propres recourent de plus en plus aux alliages d’argent et la demande semble considérable à l’horizon 2020, on parle de besoins de l’ordre de 40.000 Tonnes/an, soit un doublement.

Cette hypothèse propulserait selon certains le cours de l’Ag 47 au prix de l’or. Cela n’est pas vraiment réaliste car même si une partie de l’argent se consomme (alors qu’à priori nous sommes face à un stock « fini » comme le pétrole), ce serait oublier qu’on sait désormais le remplacer par d’autres alliages. Le cours de l’argent sera donc principalement assujetti aux coûts de production de substitution jusqu’à ce qu’il devienne aussi rare que l’or en stock.

-La spécificité de l’Or : cette « relique barbare » selon Keynes reste d’autant plus recherchée qu’elle se raréfie aussi. Et si on sait désormais reconstituer l’or en laboratoire, c’est à un prix qui dépasse de beaucoup son cours actuel. Mais de nouvelles techniques (dont l’astucieuse méthode écologique de phytoextraction) apparaissent alors que tel filon minier qui n’était plus rentable à 500 $ l’once le redevient à 1500 ! Donc à nouveau la production augmente. Cela fera t il chuter les cours ? Rien n’est moins sûr. Car la plupart des banques centrales se sont rendu comptes avec la crise de 2008 que leurs réserves monétaires de change n’étaient plus la « parade absolue » qui firent les beaux jours de tous les monétaristes planétaires jusqu’à cette date : une honnête diversification d’actifs nécessite de disposer d’un stock d’or (forte valeur pour un faible volume) et l’on voit ainsi des banques nationales racheter des quantités importantes au double de ce qu’elles vendaient il y a 5 ou 10 ans, toute honte bue, donc discrètement. Ce rééquilibrage n’aura qu’un temps, celui nécessaire à rétablir la confiance monétaire, mais plus ce temps sera long et plus la volatilité augmentera, à la différence de l’argent. Toutefois le cours de l’or connait, comme le diamant, un plafond qui est la capacité d’achat des gens ordinaires, hors pièces exceptionnelles et la rare clientèle des milliardaires. Le cours de l’or restera durablement représentatif des inquiétudes monétaires et économiques du plus grand nombre, anticipées par une spéculation logique qui en amplifiera la volatilité. Les cours étant mondiaux, c’est donc le taux de croissance mondial qu’il faut considérer pour estimer la perspective de valorisation de l’or : elle devrait logiquement être inversement proportionnelle à ce taux de croissance. D’ailleurs, la progression de 32 % du cours de l’or en 2010 traduit et amplifie le recul du PIB mondial de fin 2009 ; on observe à présent (mi 2011) une stagnation de cette valeur qui ne reflète pas le rattrapage global, car les « stockeurs » refusent jusqu’à y être contraints d’accepter leur perte malgré la reprise économique. Ils parient sur de nouvelles crises.

La spéculation : on vient de vivre un grand moment d’émotion en mai 2011 lorsque la BCE à ordonnée une sensible augmentation du dépôt de garantie nécessaire aux transactions sur l’argent métal. Les spéculateurs ont du soudainement liquider leurs anticipations et le cours mondial de l’argent a chuté en quelques jours d’1/3 de sa valeur ! Il s’est rattrapé depuis , malgré une mesure quasi équivalente des USA. Ceci confirme que la spéculation a une grande place sur ces marchés, d’autant que régulièrement certains très gros investisseurs (dont les frères HUNTER naguère) tentent d’y établir des monopoles. Ces contrats à terme sont bien sûr fondés sur les hypothèses de demande à venir en métal physique, mais sur ces marchés il n’est pas rare de voir des compagnies minières vendre leurs espoirs de production pour les prochaines années. Ce qui crée là encore un risque systémique car une compagnie minière n’est pas forcément une très grosse entreprise et lorsque l’une d’elle s’avère incapable de fournir ou de racheter moins cher ce qu’elle a vendue au moment ou elle doit livrer, tout le marché peut s’y ruiner. Toutefois on trouve suffisamment de spéculateurs aux approches diversifiées pour estimer (court terme/ long terme, vendeurs/ acheteurs, options /swaps, orient/occident, etc…) que le risque est statistiquement bien réparti. Et cela indifféremment de l’évolution économique, même si se faire livrer, conserver en toute sécurité, revendre de façon sûre des métaux précieux s’avère toujours délicat en périodes de troubles alors que le spéculateur privé l’acquiert pour cela. Il va de soi que comme les bijoux, la numismatique et l’argenterie de salon, toute éventuelle plus value issue du talent de l’artisan ou l’artiste façonneur de ces métaux n’est pas ici considérée : on sait ce que cela peut en représenter l’essentiel du prix mais tout négociant d’argent et or vous apprendra qu’on a fondu bien des œuvres pour n’en retenir que la valeur du métal !


Conclusion : l’argent métal est absurdement dévalorisé au regard de l’or malgré des stocks assez moyen, malgré sa demande qui à de fortes chances de s’amplifier, alors que l’effet spéculatif est à présent partiellement gommé. L’or en revanche plus que jamais confirmé dans son rôle de valeur refuge connait des cours croissants qui sont maintenant décorrélés des réalités économiques sauf en ce qui concerne quelques reconstitutions de stocks favorisant une spéculation effrénée. Par son utilité industrielle, l’argent métal présente des caractéristiques rares puisqu’il s’agit à la fois d’une valeur refuge et d’un placement productif. Et l’écart entre les cours de l’or contre l’argent, même légèrement réduit ces derniers temps, reste excessif. Si l’on considère que tout placement consenti par un particulier à long terme (7 à 30 ans) doit contenir une part de diversification a la fois sécuritaire et spéculative, il me semble plus approprié de considérer le métal argent au détriment de l’or au vu des cours actuels. L’or atteindra sans doute, tôt ou tard, les 2000 $ l’once mais plafonnera autours de cette valeur assez longuement sauf conflit international. Pour ma part, j’aimerai surtout pouvoir constater une chute significative du cours pervers de ces deux métaux puisqu’ils favorisent bien peu l’emploi des régions d’extraction, pénalisent la croissance ailleurs (double effet thésaurisation + hausse des matières 1°) et contreviennent ainsi à l’idéal de transparence, de lutte anti-corruption, et de la valeur ajoutée par le savoir faire que tout démocrate devrait considérer comme prioritaire. 05.06.2011.

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